L’immobilier Parisien en 2026
- 7 mai
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Vers une reprise progressive mais encore fragile
Après deux années de correction marquées par la hausse brutale des taux d’intérêt et une forte contraction des volumes de ventes, le marché immobilier parisien semble entrer dans une nouvelle phase. Les signaux observés depuis plusieurs mois montrent une reprise progressive de l’activité, même si le marché reste sélectif et contrasté selon les typologies de biens.
1. Une reprise progressive des volumes de transactions
Le premier élément marquant est le retour progressif des acheteurs sur le marché.
Après une chute historique des transactions en 2023 et 2024, les volumes repartent progressivement à la hausse depuis 2025, portés principalement par l’amélioration des conditions de financement et une stabilisation des prix.
Les Notaires du Grand Paris observent ainsi une hausse des ventes en Île-de-France estimée entre +8 % et +10 % sur un an à fin 2025, avec une reprise plus visible sur les appartements que sur les maisons. Paris intra-muros reste toutefois en retrait par rapport à la Petite et Grande Couronne, signe d’un marché parisien encore exigeant en matière de prix.
Cette reprise reste néanmoins qualitative plus que spectaculaire : les acheteurs sont plus sélectifs, les délais de vente demeurent supérieurs aux standards des années 2020-2021, et les négociations restent fréquentes, en particulier sur les biens nécessitant des travaux ou présentant un mauvais DPE.
2. Des prix désormais stabilisés à Paris
Après plusieurs trimestres de baisse, les prix semblent désormais se stabiliser dans la capitale.
Le prix moyen parisien se situe aujourd’hui autour de 9 500 €/m², avec des écarts toujours très importants selon les arrondissements et les typologies de biens.
Le marché parisien reste ainsi très polarisé :
les secteurs les plus recherchés comme le 6e, le 7e, le Centre de Paris ou certaines parties du 8e ou du 16e arrondissement se négocient généralement entre 12 000 € et 16 000 €/m² ;
les quartiers familiaux des 11e, 12e ou 14e arrondissements évoluent plutôt entre 9 000 € et 11 000 €/m² ;
tandis que certains secteurs des 18e, 19e et 20e arrondissements restent plus accessibles, souvent entre 7 500 € et 9 000 €/m².
Les biens de qualité, rénovés, bien situés et disposant de bons diagnostics énergétiques continuent de se vendre rapidement.
À l’inverse, les logements nécessitant des travaux importants ou affichant une mauvaise performance énergétique subissent des décotes parfois significatives.
Nous constatons également un retour progressif des acheteurs patrimoniaux, qui considèrent désormais que le marché parisien retrouve des niveaux de prix cohérents après la phase d’ajustement des dernières années.
3. Des taux d’intérêt enfin plus favorables
L’évolution des taux de crédit reste l’un des moteurs principaux du marché immobilier.
Après le choc de 2023-2024, marqué par une hausse rapide des taux directeurs de la BCE, les conditions de financement se sont progressivement améliorées en 2025 et début 2026.
Aujourd’hui, les taux observés se situent généralement autour de :
3,05 % à 3,30 % sur 15 ans
3,25 % à 3,50 % sur 20 ans
3,40 % à 3,70 % sur 25 ans
Les meilleurs profils disposant d’un apport important peuvent encore obtenir des conditions légèrement inférieures.
Cette amélioration a permis le retour d’une partie des acquéreurs exclus du marché ces dernières années, notamment les familles et les primo-accédants disposant de bons profils.
Néanmoins, le contexte reste fragile. Les tensions sur les marchés obligataires européens et l’instabilité économique pourraient limiter la poursuite de la baisse des taux à court terme.
4. DPE : vers un assouplissement des règles concernant les logements énergivores ?
Le sujet du DPE est devenu central dans les arbitrages immobiliers.
Depuis plusieurs années, les logements classés F et G font l’objet de restrictions croissantes concernant leur mise en location, ce qui a profondément modifié le comportement des investisseurs et accentué les décotes sur les biens énergivores.
Cependant, face aux difficultés rencontrées par de nombreux propriétaires — notamment à Paris où les travaux en copropriété peuvent nécessiter plusieurs années — un projet de réforme est actuellement évoqué.
Celui-ci viserait à ne plus exclure immédiatement de la location les logements classés F ou G, à condition que le propriétaire s’engage à réaliser les travaux de rénovation énergétique nécessaires dans un délai pouvant aller jusqu’à cinq ans.
Même si cette évolution n’est pas encore définitivement adoptée, elle pourrait modifier significativement le marché des biens énergivores dans les prochains mois.
Conclusion
Notre sentiment aujourd’hui est que le marché immobilier parisien est probablement en train d’entrer dans une phase de transition plus durable qu’un simple rebond technique.
Après deux années de correction, les prix semblent désormais proches d’un point d’équilibre dans la plupart des arrondissements parisiens. La baisse brutale observée entre 2022 et 2024 paraît derrière nous, mais nous ne croyons pas pour autant à un retour rapide aux dynamiques de hausse très fortes connues avant la remontée des taux.
À court terme, notre point de vue est celui d’un marché plus stable, plus rationnel et beaucoup plus sélectif.
Les biens de qualité — emplacement prime, étage élevé, extérieur, rénovation qualitative, bon DPE — devraient continuer à résister et pourraient même retrouver progressivement une légère dynamique haussière dans les secteurs les plus recherchés de la capitale.
À l’inverse, les biens nécessitant des travaux importants, présentant une mauvaise performance énergétique ou affichant des prix déconnectés du marché risquent de continuer à subir des négociations importantes.
Nous pensons également que le contexte international jouera un rôle majeur dans les prochains mois. Les tensions géopolitiques, les conflits internationaux, les incertitudes économiques européennes et les politiques monétaires des banques centrales continueront d’influencer directement :
les taux d’intérêt ;
le niveau de confiance des acquéreurs ;
et la capacité des ménages à se projeter.
Dans ce contexte encore instable, Paris conserve néanmoins plusieurs fondamentaux solides : une offre structurellement limitée, une demande internationale toujours présente sur les actifs premium et un fort caractère patrimonial.
Notre conviction est donc celle d’un marché qui devrait progressivement retrouver de la fluidité, mais sans euphorie, avec des écarts de valorisation de plus en plus marqués entre les biens “prime” et les autres.



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